Aloïs, c'est qui ?


Aloïs réfère à cette expérience enrichissante d'un accompagnement de l'être cher frappé par la soi-disant maladie accolée à un nom célèbre.
À la faveur du vieillissement cérébral problématique, avec une culture des sentiments, bécothérapie et musicothérapie, l'on vit une expérience humaine inouïe.
Aloïs est ainsi le jumeau infernal de l'enfant joufflu, messager d'un infini amour insoupçonné...

De la médicalisation à outrance à une approche non biologique (1)


Sortir du mythe !


Daniel George, coauteur du
Mythe de la maladie d'Alzheimer
Le monde de la démence est bien plus complexe qu'on ne veut bien l'affirmer en public. Aussi, Objectivement parlant, il n'existe pas d'affection singulière nommée "maladie d'Alzheimer" ! Il ne s'agit là que d'une construction artificielle, car complexe et imprécise sur le plan scientifique, à visée sociale et politique et qui a peu de chance d'être guérie.
Il y a certes un battage médiatique énorme sur l'avancée des recherches et l'inéluctabilité d'un médicament; mais c'est la dominance du profit qui conduit à de pareilles affirmations irréalistes. On peut même affirmer que si un remède pouvait être trouvé, il ne serait que relatif, c'est-à-dire n'étant pas en mesure d'éradiquer totalement la maladie dont il ne resterait plus trace. Or, cela est invraisemblable et peu probable du fait de l'intrication étroite entre ce qu'on appelle maladie d'Alzheimer et le vieillissement.
De fait, tout vrai remède étant supposé absolu, on ne fait que chercher, en matière de maladie d'Alzheimer, qu'un remède relatif, et il est temps de reconsidérer notre approche globale de cette affection pour privilégier une démarche de soins globale axée notamment sur la prévention. Il urge de passer de la médicalisation à outrance actuelle à une approche non biologique !

Aux sources du mythe (3)


L'histoire vraie de la soi-disant maladie d'Alzheimer
La naissance du mythe
Nous avons déjà vu dans quelles circonstances la maladie d'Alzheimer est officiellement née. Nous allons voir maintenant dans quelles circonstances elle va devenir le mythe que nous dénonçons dans ce blog avec d'autres, dont surtout le professeur Whitehouse.
Rappelons, tout d'abord, que les circonstances telles que décrites de la naissance saugrenue de cette prétendue maladie confirment ce que disait le philosophe Thomas Kuhn dans The Structure of Scientific Revolutions sur le fait que les nouvelles théories scientifiques émergent souvent en raison de facteurs extrinsèques à la science.
Ainsi, il soutient à bon droit que "les transformations ne se produisent pas en dépit du fait que les scientifiques sont humains, mais parce qu'ils le sont". Et il va jusqu'à qualifier les manuels médicaux de "véhicules pédagogiques destinés à la perpétuation des théories scientifiques en vigueur". Ce qui est parfaitement exact dans le cas de la soi-disant maladie qui nous occupe.
Pour revenir à celle-ci, disons qu'au départ, soit plusieurs décennies après la publication du Manuel de psychiatrie de Kraepelin, son acte de naissance, on sembla ignorer une telle maladie dont le diagnostic demeurait obscur. On continuait à attribuer ses symptômes à la vieillesse et la communauté médicale ne reprenait pas l'étiquette de la maladie aux personnes âgées de soixante ans et plus.
Aussi, l'expression inventée par Kraepelin était-elle peu usitée sans toutefois disparaître du discours médical. C'est que l'attention se portait moins à la compréhension des mécanismes biologiques du vieillissement cérébral que plutôt au développement de méthodes biopsychosociales de nature à mieux aider les personnes vieillissant mal et leurs familles à faire face aux problèmes posés par le déclin cognitif prématuré.
On peut relever dans le cadre de ce combat pionnier, le psychiatre David Rothschild qui a dénoncé la "neuropathologisation" du vieillissement pointant ses effets néfastes sur la société. Ainsi, selon lui, une préoccupation trop exclusive concernant la pathologie cérébrale a entraîné une tendance à oublier que les changements se produisent chez des personnes vivantes, ayant un fonctionnement mental". Aussi, une appellation aussi réductionniste que celle de la maladie d'Alzheimer ne peut qu'aggraver la situation des personnes atteintes de troubles cognitifs.
Quant à la méthode biopsychosociale à laquelle il appelle, elle normalise le vieillissement cérébral, le considérant comme faisant intrinsèquement partie de la condition humaine. Aussi doit-on relativiser le substrat pathologique du vieillissement et ne plus se focaliser sur des processus tissulaires impersonnels, mais porter l'attention sur les influences plus personnelles en éléments bio-psycho-sociaux dans une prise en charge globale où chaque cas exige un examen individualisé et minutieux.

Aux sources du mythe (2)


L'histoire vraie de la soi-disant maladie d'Alzheimer
La maladie de Kraepelin !

Emil Kraepelin
Nous avons vu le rôle majeur joué par l'éminent psychiatre Emil Kraepelin (considéré à l'époque comme le Pape ou le Linné de la psychiatrie) en vue de considérer une maladie à part l'affection dont celui qu'elle allait porter le nom qualifiait de "simple trouble mental".
En effet, c'est ce que spécifia le docteur Alzheimer sous l'en-tête "Forme de la maladie" de la fiche de maladie de la première personne considérée comme malade d'Alzheimer : Auguste Deter.
Celle-ci n'avait 51 ans et présentait pourtant des symptômes de démence sénile qu'on n'observe habituellement que chez des personnes bien plus âgées.
Avait-elle une maladie spécifique ou son cerveau ne faisait que vieillir et connaître l'expérience inéluctable de la sénilité bien plus tôt qu'autrui et ce éventuellement pour un besoin insatisfait d'amour aggravé par des problèmes conjugaux ?
De fait, le 3 novembre 1906, dans sa conférence devenue célèbre, intitulée : "A propos d'un processus morbide pathologique grave et singulier du cortex cérébral", Alzheimer a réévalué son jugement quant à la gravité du cas, mais il n'a jamais cru à une maladie en bonne et due forme.
 Certes, dans son rapport de trois pages publié en début de 1907, intitulé "A propos d'une maladie particulière du cortex cérébral", qui a présenté officiellement au monde le cas de démence de celle qu'on appelait alors Auguste D., il a bien parlé de maladie, mais ses doutes restaient entiers quant à la légitimité d'une pareille appellation. Et ces doutes sont demeurés même après l'adoubement de la maladie comme on a pu le voir dans le précédent article.
Ainsi, malgré l'absence de marqueurs biologiques caractéristiques et contre toute logique scientifique, le vieillissement anormal d'Augsute Deeter fut qualifié de maladie spécifique. Pourquoi?

Aux sources du mythe (1)

L'histoire vraie de la soi-disant maladie d'Alzheimer
Maladie d'Alzheimer ou de Kraepelin ?

Aloïs Alzheimer (4/6/1864-19/12/1915)
On parle de maladie d'Alzheimer alors qu'on devrait parler de la la maladie de Kraepelin !
En effet, c'est Emil Kraepelin, psychiatre éminent, d'envergure internationale, qui a inventé le terme de "Alzheimer-krankheit", soit maladie d'Alzheimer, en 1910 en y parlant pour la première fois dans son manuel de Psychiatrie qui faisait notoriété en la matière (p. 627 de la huitième édition). 
Certes, c'est bien Aloïs Alzheimer qui, dès le 26 novembre 1901, s'est intéressé à un cas particulier de démence dont il a rendu compte, pour la première fois, le 3 novembre 1906 dans une conférence à la 37e assemblée des aliénistes dans la ville universitaire de Tübingen, dans le sud-ouest de l'Allemagne. Cette conférence, qui allait devenir célèbre, avait pour titre : "À propos d'un processus morbide pathologique grave et singulier du cortex cérébral". L'écho de cette conférence semble avoir été modeste, décevant même pour Alzheimer. Ainsi, La Chronique de Tübingen, rendant compte de la conférence, a juste noté : "Le Dr Alzheimer de Munich a fait un exposé sur un processus pathologique particulièrement grave, qui a causé un rétrécissement significatif des cellules nerveuses durant une période de quatre ans et demi".
Et bien qu'Alzheimer soit revenu sur la question, issue de ses observations sur une patiente appelée Auguste D., dans un rapport publié en 1907 intitulé "À propos d'une maladie particulière du cortex cérébral" qui a présenté officiellement le cas de démence présénile d'Auguste D., le milieu scientifique est resté sceptique quant à la possibilité de catégoriser le cas observé comme étant une maladie proprement dite.
Ce n'est donc qu'en 1910, après la prise de position de Kraepelin, que la maladie d'Alzheimer est née pour de bon. 
Or, les circonstances de sa naissance étaient bien particulières. On les détaillera dans les articles à venir, mais on citera, pour commencer, juste l'incipit de l'acte de naissance de la maladie, soit l'article dans le manuel de Kraepelin qui débutait ainsi : "L'interprétation clinique de la maladie d'Alzheimer est encore actuellement peu claire (sic !)"
Pourtant, malgré ce constat négatif, assez précis pourtant sur l'impossibilité scientifique de caractériser en maladie ce qui n'en relevait pas encore, l'éminent psychiatre continuait : " Alors que les résultats des explorations anatomiques suggèrent que nous avons affaire à une forme grave de démence sénile, le fait que la maladie débute de temps en temps dans la quarantaine n'est pas en faveur de cette hypothèse. dans de tels cas, on devrait au minimum supposer qu'il s'agit d'une démence présénile, à moins que nous ne soyons en fait confrontés à un processus pathologique particulier, en grande partie indépendant de l'âge."
Emil Kraepelin (1856-1926)
C'est de cette manière peu glorieuse que la maladie d'Akzheimer est née. On reviendra sur ses motivations extra-scientifiques et déontologiquement condamnables. On dira juste ici qu'Alzheimer, qui aurait été surpris par l'initiative de Kraepelin (son patron, en fait, comme on le précisera plus tard), ne partageait pas nécessairement sa façon de voir puisqu'il a écrit, dans un article publié par la Zeitschrift für die Gesamte Neurologie und Psychiatrie en 1911 ce qui suit : "Se pose la question de savoir si ces cas de maladie, que j'ai considérés comme particuliers, présentent toujours des traits caractéristiques, cliniques et histologiques, qui les distinguent de la démence sénile ou si ces traits doivent au contraire être attribués à la démence sénile en tant que telle."
Il a écrit aussi, ce qui laissait transparaître le jeu malsain auquel se serait adonné son patron : "Kraepelin considère toujours que le statut de ces cas n'est pas clair". 
Il est même allé jusqu'à affirmer clairement : " il n'y a donc aucune raison défendable de considérer que ces cas sont causés par un processus pathologique spécifique. ce sont des psychoses séniles, des formes atypiques de démence sénile. Néanmoins, elles occupent une place un peu à part, si bien que leur existence doit être connue."
Il est ainsi bien clair que le premier intéressé rechignait à voir une forme, certes particulière de démence, élevée à un statut de maladie distincte en l'absence de marqueurs biologiques caractéristiques.
Et pourtant, la maladie d'Alzheimer était née ! 
C'est que Kraepelin avait intérêt à la création d'une nouvelle catégorie.
On y reviendra...